25 septembre 2009 par nathalie-zanon

En attendant la reprise de mes chroniques politiques, vous pouvez vous tenir au courant de mes émissions radiophoniques grâce à la page ci-contre, tenue à jour.

Humilité contre droit d’ingérence

2 février 2009 par nathalie-zanon

Je suis très méfiante envers toute forme d’ingérence, même pour une raison – ou un prétexte - humanitaire. Il ne faut pas sous-estimer les capacités des populations à régler leurs problèmes sans notre aide. Surtout si nous cessons de soutenir les dictateurs locaux,  de vendre des armes aux belligérants et de contribuer aux injustices par notre politique économique…

 En cas de conflit, je prône de n’intervenir qu’avec délicatesse et humilité. La médiation d’un pays puissant militairement ou économiquement est à éviter à tout prix, au profit de la médiation par un tout petit pays. D’autant que certains peuples (inuits et amérindiens par exemple) ont une tradition qui pourrait s’avérer fort utile à la communauté internationale.

 Enfin, avant de nous poser en donneurs de leçons, commençons par développer notre propre démocratie, si balbutiante. Les attaques de notre  Président  sont très graves et M. Sarkozy aura certainement à en rendre compte un jour ou l’autre, peut-être devant un tribunal de la République. Mais soyons juste: les pratiques actuelles intolérables ne font qu’aggraver un déficit démocratique qui ne date pas d’hier. Rappelons-nous de quelle manière se construit l’Europe. Regardons en face la faible représentativité de nos élites politiques.

 Efforçons-nous donc de faire progresser la démocratie et de faire respecter la parole de chacun dans nos sections politiques, nos associations, nos entreprises. Lire la suite de cet article »

L’imagination au pouvoir!

23 janvier 2009 par nathalie-zanon

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Quel intérêt y a-t-il à imaginer des univers parallèles sur lesquels nous n’avons aucune possibilité d’action ?, nous demandions-nous l’autre jour avec l’astrophysicien Marc Lachièze Rey et le philosophe Jean-Jacques Szczeciniarz.. L’histoire l’a maintes fois montré, des théories scientifiques apparemment gratuites et sans applications pratiques peuvent se révéler fructueuses quelques années voire siècles plus tard, et transformer notre vie quotidienne. La plupart des appareils électroniques d’aujourd’hui font intervenir la Théorie quantique des champs qui apparaissait initialement comme une douce rêverie de théoriciens. De même, piloter des sondes spatiales ou être en communication avec des satellites par GPS serait impossible sans la Relativité générale.

On le comprend encore mieux en lisant le livre de Roland Lehoucq intitulé SF : la science mène l’enquête (éd. du pommier). Ce collègue, astrophysicien au CEA de Saclay, y étudie la faisabilité des aventures de science-fiction, du voyage au centre de la terre à la colonisation de la galaxie en passant par le terraformage de la planète Mars, les voyages intersidéraux, la miniaturisation de l’homme, l’ascenseur spatial, les voyages dans le temps… Avoir un point de vue scientifique sur ces sujets est très stimulant, et apprendre que certains de ces projets sont à l’étude par la NASA laisse rêveur… 

La destruction en cours de la Recherche fondamentale, sous prétexte de rationalisation financière et d’utilitarisme à cours terme, mine notre avenir et aura des conséquences, y compris technologiques, désastreuses. Dernier avatar, un projet de modification du décret de juin 1984 pourrait entraîner une détérioration profonde du statut d’enseignant-chercheur avec, entre autres, la modulation des services et une procédure d’avancement locale. Cette perte de référence nationale et la coupure entre l’enseignement supérieur et la recherche qui l’irrigue,  seraient suicidaires.

Ce contexte sensible me pousse à me représenter au Conseil de perfectionnement du CNAM. Lire la suite de cet article »

Charles de Foucauld

23 décembre 2008 par nathalie-zanon

Vendredi 26 décembre, je m’entretiendrai avec Jean-François Six sur Charles de Foucauld. Rendez-vous vers 12h05 sur Fréquence Protestante (100.7 FM) ou sur www.frequenceprotestante.com où vous pourrez aussi réécouter l’émission pendant quinze jours (rubrique Ecoute à la demande).

 La vie de Charles de Foucauld n’est pas aisée à comprendre sans la foi car il n’a fait que descendre, descendre de son rang aristocratique, de ses certitudes, à la suite de Jésus: « En toute chose, nous demander ce que ferait Jésus à notre place, et le faire ». Mais beaucoup de ses paroles sont profondément humaines et chacun peut en être touché ou questionné, comme lorsqu’il parle de l’amour : « L’amour consiste non à sentir qu’on aime, mais à vouloir aimer : quand on veut aimer, on aime ; quand on veut aimer par-dessus tout, on aime par-dessus tout… », écrit-il à Massignon.

 On ne peut qu’être frappé par l’itinéraire de cet homme. Un exemple de résilience après une enfance très éprouvée par les deuils. Une vie d’explorateur en Afrique et de défricheur. Une conversion qui bouleverse peu à peu sa vie, cet homme très volontaire apprenant – difficilement –  à « lâcher prise » et à accueillir l’autre. Un prêtre en pays musulman, tout à tous, qui n’a jamais converti personne et dont la vie a une mystérieuse fécondité. Un frère universel pour tous ceux qu’il côtoie dans le désert. Un homme joyeux malgré la misère qu’il partage avec les Algériens de son village, « heureux surtout du Bonheur infini de Dieu. S’il n’y avait pas cette source intarissable de bonheur et de paix, le bonheur et la paix infinis, éternels, immuables, du Bien-Aimé, le mal qu’on voit autour de soi de toute part et aussi les misères qu’on voit en soi-même conduiraient vite à la tristesse », écrit-il à son beau-frère. Cette paix ne l’empêche pas de se battre contre les injustices, en particulier contre l’esclavage (eh oui, au vingtième siècle, il y avait encore de l’esclavage en Algérie, toléré par les autorités françaises!). La pensée politique de Charles de Foucauld n’est pas sans intérêt pour nous, en particulier son option pour « les derniers », qui lui fait mesurer toute décision à l’aune des plus démunis. Si notre société était construite avec comme fondement l’exigence que chacun, y compris les personnes les plus pauvres, y aient leur place, nous aurions une belle vie ! J’aspire à cette humanisation… Lire la suite de cet article »

Apolitique au plan local?

22 décembre 2008 par nathalie-zanon

Quel est le sens d’un positionnement politique sur la gestion locale ? Cela n’est pas toujours très clair. S’il s’agit de s’opposer par principe à la liste de droite alors que les projets diffèrent peu, je n’en vois pas l’intérêt. Et je suis choquée des critiques systématiques de la part de l’opposition envers la majorité municipale. J’ai ainsi entendu, lors de la dernière CA (Commission Administrative) de ma section socialiste, que l’équipe du nouveau maire de droite n’avait rien fait depuis son installation. Cette accusation lapidaire était l’expression d’une saine impatience face à la misère inadmissible -comme celle des clients de l’hôtel meublé du Dôme qui vivent dans des conditions de précarité indignes-. Cependant, si je comprends l’impatience de mes camarades, je ne peux m’empêcher de penser à l’injustice que doivent ressentir les conseillers municipaux ainsi critiqués alors qu’ils se donnent certainement beaucoup de mal pour améliorer la vie des habitants.

Tout cela vient d’un malentendu. Contrairement à ce que beaucoup pensent, la meilleure équipe municipale possible n’est pas constituée des gestionnaires les plus compétents, des experts de chaque domaine, mais de démocrates attentifs à bien représenter les habitants et à faire vivre la démocratie locale. Cette conviction est sans doute ce qui fait de moi une femme de gauche, ce qui ferait de moi une maire de gauche.

Certes il y a des points sur lesquels politiques locales de droite et de gauche diffèrent visiblement, comme l’empressement à construire des logements sociaux. Il suffit d’ailleurs de participer à quelques conseils municipaux pour se rendre compte que les conseillers de gauche soulèvent souvent des questions sociales auxquelles les conseillers de droite sont spontanément moins sensibles. Mais cela n’est pas le point d’achoppement car certains  hommes politiques de droite sont très concernés par l’écologie ou par la lutte contre la misère. Ce qui nous diffère est, plus profondément, la conception de la politique et de la démocratie. Avez-vous remarqué que lorsqu’une personne vous assure que le clivage droite/gauche est dépassé, il s’avère que cette personne est de droite ? Lire la suite de cet article »

Laïcité française

11 décembre 2008 par nathalie-zanon

Demain vendredi 12 décembre, je m’entretiendrai avec Paul Airiau, historien et auteur de l’ouvrage 100 ans de laïcité française, paru aux Presses de la Renaissance. Nous réfléchirons ensemble sur la question complexe de la laïcité. Si le sujet vous intéresse, rendez-vous vers 12h05 sur Fréquence Protestante (100.7 FM) ou sur www.frequenceprotestante.com où vous pourrez aussi réécouter l’émission pendant quinze jours (rubrique Ecoute à la demande).

Comprendre le monde

10 décembre 2008 par nathalie-zanon

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Chaque jour ou presque, je signe une pétition, tant il y a de combats à mener pour la justice sociale, pour les droits humains, pour la démocratie… Aujourd’hui, c’est l’Agence France-Presse dont l’indépendance est menacée, avec tout l’enjeu que cela représente pour notre démocratie puisque l’AFP est la source de la majeure partie de l’information diffusée en France. Prenez donc le temps de jeter un coup d’oeil à la pétition sur http://www.sos-afp.org/?petition=4 dont je reproduis le texte ci-dessous. Lire la suite de cet article »

Pour la liberté de circulation…des hommes!

9 décembre 2008 par nathalie-zanon

Une seule voie est raisonnable : Le retour progressif vers la liberté de circulation et d’établissement. Les frontières fermées, les cartes d’identité, les passeports, les cartes de séjour, tout cela, c’est relativement récent. C’est arrivé après la première guerre mondiale, alors que montaient les nationalismes, comme en témoigne Stephan Zweig dans le texte cité en fin d’article.

 Supprimons les visas car ils sont discriminatoires. Aujourd’hui, une partie de l’humanité (originaire des pays du nord) peut pratiquement circuler et s’établir librement sur notre planète, tandis qu’une autre partie de l’humanité (originaire des pays du sud) n’a pas cette  liberté. Abolissons ce privilège infâme et rendons à tous les hommes la liberté de circulation. La terre appartient à tout le monde. La liberté d’aller et venir est la plus ancienne des libertés. C’est ce qui distinguait jadis les hommes libres des esclaves et des serfs qui étaient attachés au domaine de leurs maîtres.

 Certes, comme toute liberté, la liberté de circulation pourra être aménagée, comme la liberté de circuler dans les rues de notre ville est règlementée par la signalisation routière. Des dispositifs incitatifs pourraient proposer aux gens de s’inscrire afin que leur arrivée soit prévue, ceux qui ne s’inscriraient pas pouvant venir néanmoins mais sans bénéficier de ces avantages. Un système de parrainage pourrait généraliser les expériences réalisées avec bonheur ici et là, notamment au moment des régularisations massives de 1997 : Chaque étranger serait pris en charge par une collectivité territoriale ou une association.

 Cette liberté de circulation doit se préparer, notamment par une éducation populaire qui lutte contre la peur irrationnelle de l’autre et qui efface les fantasmes et préjugés provenant de toutes ces années où dominèrent les discours populistes et xénophobes. Malheureusement, la France commence à avoir une longue tradition d’inhospitalité derrière elle. Faut-il rappeler le pogrom d’immigrés italiens à Aigues-Mortes le 16 août 1893, le mauvais accueil réservé en leurs temps aux Belges, aux Polonais, aux Espagnols ? Le point de vue optimiste, c’est que l’intégration a toujours triomphé et que, avec le recul, personne ne conteste la contribution des Français issus de l’immigration à la richesse de la nation.

 Outre ce changement de mentalité, il faudra aussi prendre le temps de se concerter avec les pays de départ et avec les autres pays de l’Europe. Tout cela ne peut se faire en un jour. Cela dit, dès aujourd’hui, la France pourrait prendre des mesures pour rétablir les étrangers dans leurs droits : Lire la suite de cet article »

Le Parti de Gauche

1 décembre 2008 par nathalie-zanon

parti-de-gauche-280.jpg Il y avait longtemps qu’on n’avait pas vu autant de militants dans le centre sportif de l’Ile St Denis : 3000 personnes ! Le café du coin, dont le couscous est dévalisé, croit retrouver le bon temps des rassemblements de gauche d’il y a quelques années…

 L’événement qui provoque cette affluence samedi soir, c’est le lancement du Parti de Gauche. Les objectifs et  les principales orientations du PG y sont présentées par les fondateurs dont Jean-Luc Mélenchon et  Marc Dolez en présence  de représentants des partis de gauche latino-américains (Venezuela, Cuba, Chili, Bolivie) et d’Oskar Lafontaine dont la démarche précéda celle du PG français (démission du SPD trop libéral et construction du parti Die Linke).

On trouve de tout au PG : des camarades socialistes ne croyant plus à la capacité du PS de proposer une alternative politique au libéralisme, comme Jacques Généreux (pour mieux le comprendre, écoutez-le aujourd’hui sur Europe 1 à 13h20) et Franck Pupunat, des syndicalistes et des altermondialistes venant des collectifs unitaires, comme Claude Debons  ou Eric Coquerel, et surtout des militants de gauche et des citoyens ne trouvant pas leur compte dans les partis traditionnels.

 Je vois d’un bon œil la naissance d’un parti dont je partage les idées politiques pour la France et pour l’Europe et qui se veut un trait d’union entre les forces de gauche de notre pays. S’il reste ainsi désintéressé, il favorisera la constitution du Front de gauche dont nous avons besoin. Sinon, il ne fera que contribuer à l’atomisation de la gauche.

Cependant, pour ma part, je ne désespère pas encore du PS, et je veux oeuvrer de l’intérieur pour qu’il redevienne un outil de transformation de notre société vers davantage de justice sociale et de fraternité. Lire la suite de cet article »

El pueblo unido jamás será vencido

27 novembre 2008 par nathalie-zanon

amerique-latine-200.gif Demain vendredi 28 novembre, je m’entretiendrai des gauches en Amérique du sud, avec Renée Fregosi, directrice de recherches en sciences politiques à l’IHEAL  (Institut des Hautes Etudes de l’Amérique Latine) et auteur de l’ouvrage Altérité et mondialisation, la voie latino américaine, paru aux éditions Ellipses. Rendez-vous vers 12h05 sur Fréquence Protestante (100.7 FM) ou sur www.frequenceprotestante.com où vous pourrez aussi réécouter l’émission pendant quinze jours (rubrique Ecoute à la demande).

Il n’y a pas que le Parti socialiste français ! Ainsi, une gauche très vivante en Amérique du sud, le continent des plus grandes inégalités, explore les alternatives possibles au capitalisme sauvage. Tour d’horizon: Lire la suite de cet article »